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lundi 4 avril 2011

Enfants violents à l’école - des familles désemparées

La Courtille, à Saint-Denis, est un ensemble de barres d’immeubles coincé entre une nationale et un grand terrain de football. C’est dans cette citée que réside la famille R. : le père, la mère et leurs cinq enfants, une fille et quatre gar?ons. Dans ce F5 situé au quatrième étage vivent aussi cinq chats, animaux de compagnie. Les conditions de vie sont précaires. Le père, ? licencié économique ?, va commencer un CDD qui se transformera, sa femme croise les doigts, en CDI. Le dernier de la famille, Killian, un beau gar?on de 8 ans, élève d’une classe de CE1, est ce que l’éducation nationale appelle ? un enfant hautement perturbateur ?. Pour les parents, c’est une épreuve de tous les jours.
La mère, Frédérique, femme au foyer, digne, responsable, nous re?oit avec Killian dans l’une des chambres de l’appartement (photo ci-dessus): ? J’ai su dès ma grossesse que Killian ne serait pas un enfant facile, il était extrêmement agité dans mon ventre. Les choses sont devenues ingérables à partir de ses 3 ans, et depuis, il ne se passe pas une journée sans qu’il n’ait des réactions de nervosité et de stress. Cela se traduit par des gestes de violence et l’emploi de mots vulgaires, des griffures qu’il se fait au visage. Mais bizarrement, des fois, il peut être tout à fait calme et calin, et faire preuve d’amour à mon égard. ?
Frédérique essaie de surmonter cette situation au quotidien. Elle impose des règles à Killian, lui inflige des punitions sur les recommandations de l’instituteur. Mais elle lui accorde aussi des largesses, par exemple une télé dans sa chambre, qu’il partage avec son frère de 10 ans. ? A 9 heures du soir, j’éteins la télé. Par chance, Killian dort bien. ? Pour elle, la réponse aux problèmes comportementaux de son fils ne doit pas être coercitive : ? Vous savez, Killian est mis à l’écart en classe. Le ma?tre, confronté quotidiennement au mal de mon fils, ne peut faire face à ce problème. Il doit gérer une classe de plus vingt élèves. Alors, la seule réponse de l’instituteur, c’est la mise au banc de mon fils et l’exclusion de la classe temporairement, afin qu’il ne perturbe pas le travail des autres élèves. ?
L’enfant est suivi par une psychologue et un orthophoniste, mais sans aucun résultat probant à ce jour. La mère, qui parfois n’en peut plus, souhaite que Killian soit coupé pour un temps de l’environnement familial et scolaire. ? Il serait préférable que mon fils intègre un internat spécialisé, avec des classes comprenant très peu d’élèves. J’aimerais qu’il soit entouré d’éducateurs à l’écoute, dans un endroit en pleine nature. Quand on sait que ses seules sorties scolaires sont la visite du parc de La Courneuve situé à moins d’un kilomètre, on comprend que l’éducation nationale ne peut gérer la situation dramatique que vit Killian. ?
Killian n’est pas différent des autres enfants, en apparence. Il veut être pompier, il aime regarder les cha?nes ? Discovery ? et la série Mac Gyver, il apprécie la compagnie des animaux. Un peu trop, parfois. Là, sous nos yeux, il empoigne par le col l’un des cinq chats, presse fort les doigts autour de son cou. Sa mère lui ordonne d’arrêter. Killian est atteint d’un mal qui nécessite une prise en charge adaptée.
Chaker Nouri
Nelly et ses fils : le calvaire, jusqu’à quand ?
Nelly loge chez des amis. Elle y a sa chambre. Elle a aussi six enfants, cinq gar?ons et une fille. C’est son ex-mari qui en a la garde. Elle les voit souvent. La famille séparée habite en effet la même cité, la Courtille, à Saint-Denis. Sauf Sa?d, 10 ans, qui, à la suite d’une décision de justice, vit dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance (ASE, ex-DDASS), en Ardèche. Un premier placement, en Seine-et-Marne, lorsqu’il avait 8 ans, lui avait fait plus de mal que de bien. C’était même l’horreur. ? Sa?d est un hyperactif ?, explique Nelly. Bref, un enfant ingérable pour l’éducation nationale et pour une famille nombreuse.
Nelly est heureuse d’une chose : ? Mon fils se sent mieux dans son foyer en Ardèche. Il y est beaucoup plus calme. Il est au contact des chevaux. Il s’en occupe, les brosse, il a des responsabilités. ? Mais ce bon c?té a son revers. Sa?d lui manque. Vivre séparée de lui la rend triste. Elle trouve la justice trop dure. Et la justice est entrée dans sa vie et celle de ses enfants. Après Sa?d, ses autres fils sont passés devant un juge. ? Seule ma fille a échappé à cela. ?
Rayan, 8 ans, l’avant-dernier haut comme trois pommes – ? je fais des petits enfants ?, dit la mère – a des problèmes à l’école. ? Il est inattentif au travail scolaire. Il a des difficultés en écriture, il fait beaucoup de fautes et finit presque toujours en classe relais, là où les ma?tres mettent les élèves dont le comportement et les mauvais résultats empêchent les autres d’avancer. Il est turbulent, mais c’est pas un meneur, c’est un suiveur. Dans la cité, quand un plus grand lui dit d’aller faire les poubelles, il le suit. ? La question d’un placement de Rayan en foyer se pose à son tour. ? Pour Rayan, je voudrais un internat d’où il puisse rentrer tous les week-ends ?, espère sa mère, qui ne veut voir partir tous ses fils loin d’elle.
Nelly est d’origine portugaise. ? Le père, c’est un Tunisien, il se prend pour un dieu. Pour moi, il ne remplit pas son r?le de père. J’aurais voulu que la mairie me trouve un appartement, comme ?a, j’aurais pu y accueillir mes enfants. ? Nelly travaille. Elle occupe un poste de gardienne d’école. ? Si je re?ois une pension de mon ex-mari ? C’est moi qui assure, oui ! ?
Après Sa?d et Rayan, voici Mehdi, 13 ans, en 5e au collège. Mehdi et Amine, le grand des fils, 17 ans, entourent leur mère pendant l’entretien qui a lieu chez une amie, dans un appartement du centre de Saint-Denis. Mehdi, donc, duvet naissant sous le nez, n’obéit plus en classe. C’est un impertinent. ? J’aime pas quand on me commande ?, dit-il. ? Je suis un suiveur ?, ajoute-t-il. ? ?a a très bien démarré pour lui en 6e et ?a va mal en 5e ?, résume sa mère. Ses notes ne sont pourtant pas mauvaises – ? 16,5 en sciences physiques, 11 en fran?ais, 10,2 en maths ?, énumère-t-il –, mais Nelly pense qu’il lui raconte des histoires. ? Il a passé en 5e avec une moyenne de 9,2. ?
Amine est en 3e. La sortie de l’école approche. Il va entamer un stage chez un boulanger à Guy M?quet, à Paris. ? Le boulanger, il est de la famille ?, précise Nelly. Une chance. L’entretien se termine. La nuit est tombée. Mehdi, Rayan, Amine et leur mère quittent l’appartement. Ils marchent maintenant dans la rue.
Antoine Menusier
A 12 heures sur le Bondy Blog : Le combat de Sonia Imloul, présidente de Respect 93, qui a adressé un manifeste au président de la République pour exiger l’instauration d’une politique de prévention face au phénomène des enfants violents à l’école.

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